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CGHNM : Généalogie dans la Nièvre et le Morvan

Panorama des activités du Cercle Généalogique et Historique du Nivernais-Morvan

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Un estomac hors du commun (1712)

Acte de sépulture de Gabriel CHARBONNIER, 84 ans, qui était renommé pour avoir la particularité de manger vivants des oiseaux, des poissons et des grenouilles ainsi que des œufs avec leur coquille...

Article mis en ligne le 27 janvier 2026
dernière modification le 28 janvier 2026

Bien que ce site soit dédié au Nivernais-Morvan, franchissons la frontière pour une petite escapade dans le département voisin de Saône-et-Loire, à la découverte d’un acte de sépulture vraiment original et inattendu, acte repéré sur le site Facebook Paléographie (Aide bénévole).

Le 3 mai 1712 décédait à Saint-Martin-en-Bresse (71) maître Gabriel CHARBONNIER, praticien âgé de 84 ans, qui était renommé dans le pays pour avoir la particularité de manger vivants des oiseaux, des poissons et des grenouilles ainsi que des œufs avec leur coquille. Il mangea même un jour un chapeau gras qu’il avait fait frire et assaisonné de beurre, de sel et de poivre. Dans son acte de sépulture le curé, visiblement étonné par les performances hors normes de son paroissien, nous rapporte sur plus d’une page de nombreux détails pittoresques.

Voici la transcription détaillée de ses performances :
(vue 50) Enterrement de maitre Gabriel CHARBONNIER :il faut remarquer que ledit CHARBONNIER a été d’une bonne complexion puisque les anciens de la paroisse assurent l’avoir vu plusieurs fois manger des grenouilles en les sortant du marais, avaler tout en vie et avec la plume
(vue 51) plusieurs oiseaux comme moineaux, merles et autres qu’ils ont ouï piner (piailler) dans son estomac. Il avalait avec pas moins de courage le poisson lorsqu’il se rencontrait en quelque pêche car on lui a vu avaler sans peine des poissons qui n’étaient pas des plus petits comme poissons blancs, tanches, et ce qui est de plus surprenant c’est qu’il n’épargnait point les perches quelque rude que soient leurs écailles et leurs nageoires. Il était si expéditif à avaler vif le poisson qu’on avait coutume de dire que Charbonnier avait aussitôt avalé une perche qu’un œuf frais. Un nommé Marcelot le voyant un jour à la pêche de l’étang Bernicault [alors] qu’il avalait comme pilule son poisson lui dit : « Maitre Charbonnier je vous donne ma pêche pourvu que vous la mangiez toute », à quoi il répliqua : « Je n’en puis manger que mon saoul », ce qu’il fit avec étonnement et au grand étonnement de ceux qui me l’ont raconté, mais ce ne fut pas sans en être incommodé car il fut trois jours sans pouvoir rien manger, croyant même être empoisonné si grande était la corruption dans son estomac qui lui causait des nausées étranges qu’il dissipa à force de vin dans la suite. C’est la dernière fois qu’ont dit qu’il mangea du poisson en vie. On dit de plus qu’il fit une fois frire un chapeau gras d’un nommé Claude Paleau, des Bourdillion, après l’avoir coupé en rouelles et l’avoir assaisonné de beurre, de sel et de poivre, qu’il mangea à la vue de tout le monde sans en être incommodé, non plus que de six verres de son urine qu’il but consécutivement quelques jours après. Il avalait aussi et sans peine les œufs de poule avec la coque. Je pourrais rapporter plusieurs autres de ses actions que la charité m’oblige de passer sous silence, ayant même été témoin de la pénitence qu’il en a fait. Tout cela me paraîtrait impossible si Charbonnier même, et ceux qui l’ont vu, ne m’avaient assuré de la vérité aussi bien que de la peine qu’il a pris de planter sur le cimetière les ormes, tilleuls et autres arbres qui y sont présentement et qui en font l’ornement, aussi bien que ceux qui sont dans la place (arbres plantés sur le cimetière depuis environ 30 ans).

Cliquer ici pour voir l’acte

Et vous, amis lecteurs, avez-vous déjà rencontré des actes inattendus lors de vos recherches dans les registres paroissiaux de la Nièvre ? Dans l’affirmative n’hésitez pas à nous faire part de vos découvertes.

Source : Registres paroissiaux de Saint-Martin-en-Bresse (1708-1724), vue 50 (dernier acte en bas à droite) et vue 51 page de gauche.


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